
Nous avons contacté Andrew Wheaton, un arbitre actif qui possède également une chaîne YouTube où il partage des critiques et des histoires sur la vie et les réflexions d’un arbitre. Vous pouvez le retrouver sous le nom "Refdad" sur YouTube et Instagram. Début 2022, il nous a écrit : "Je me suis littéralement senti nu sans ma Spintso hier soir", lorsque la batterie de sa Retro Watch était à plat. Nous lui avons envoyé une nouvelle S1 Pro et voulions maintenant connaître son avis sur la vie d’arbitre, de père – Refdad – et plus encore.
– Peux-tu nous en dire plus sur toi et comment tu es devenu arbitre ?
– Je vis en Angleterre, juste à côté de l’aéroport de Stansted. Nous avons une équipe locale qui joue au niveau 3 dans notre système de ligue. À l’origine, j’étais entraîneur de football et j’ai commencé à 14 ans. Ce parcours m’a conduit aux États-Unis pour entraîner. Finalement, je suis revenu en Angleterre et j’ai pris le sifflet pour devenir arbitre. Cela fait environ cinq ans maintenant. Quand on commence ici, il faut suivre quelques cours théoriques, deux jours de pratique, puis arbitrer cinq matchs seul. Ensuite, on passe un test sur les lois du jeu et on partage ses expériences. Si tu réussis, tu obtiens ton badge du comté et tu es officiellement arbitre. L’année dernière, je visais le passage du niveau 5 au niveau 4, ce qui est beaucoup plus difficile que les passages de 7 à 6 ou de 6 à 5. On te met directement dans le bain avec des matchs de dernière minute. Les joueurs sont semi-professionnels, donc c’est plus intense. Je devais passer ce cap, mais je me suis blessé à l’ischio-jambier et j’ai dû quitter le programme de promotion. Cette année, j’espère réussir et être suivi par la fédération. C’est mon objectif. Un ami et moi avons un plan sur 10 ans pour atteindre la English Football League (EFL). Dans 10 ans, j’aurai 42 ans.
– C’est un bon âge pour arbitrer, non ?
– Je pense qu’ils ont supprimé les limites d’âge pour les arbitres ici en Angleterre. On peut maintenant arbitrer jusqu’à la retraite. Beaucoup d’arbitres sont poussés trop tôt vers le haut niveau. Selon moi, il faut un mélange d’anciens et de jeunes arbitres. Bien sûr, les jeunes talents sont précieux, mais il faut aussi de l’expérience pour gérer les joueurs et communiquer avec eux. Le bon côté ici, c’est qu’un arbitre de plus de 40 ans a encore une chance d’évoluer.
– Pourquoi es-tu passé d’entraîneur à arbitre ?
– J’ai eu de la chance d’être payé pour entraîner. J’ai passé de très bons moments aux États-Unis. J’étais dans deux excellents clubs, dont un en Utah, qui comptait plus de 70 % des jeunes joueurs de l’État. Les enfants et les parents étaient formidables. J’ai vraiment été gâté là-bas. En rentrant en Angleterre, tout semblait différent. J’ai eu quelques désaccords avec des parents concernant mon style d’entraînement basé sur l’apprentissage guidé. Par exemple, je ne donnais pas directement la réponse mais j’aidais l’enfant à la trouver. Un père m’a dit : "Tu ne dis pas à mon enfant quoi faire", et j’ai répondu : "Non, je le guide pour qu’il apprenne par lui-même". Je lui ai donné l’exemple de l’école : pendant un examen, un professeur ne peut pas souffler les réponses à un élève. Et comme entraîneur de jeunes, je suis là pour développer l’enfant, pas pour gagner. Beaucoup de parents n’ont pas aimé cela, donc j’ai arrêté. Et comme dit le proverbe : "Si tu ne peux pas les battre, rejoins-les". Comme entraîneur, je questionnais souvent les décisions arbitrales. Certains m’ont dit : "Si tu n’aimes pas ça, deviens arbitre". Alors je l’ai fait ! Et depuis le terrain, on voit le jeu d’un tout autre angle. Aujourd’hui, je peux dire aux joueurs : "Je comprends ton point de vue, mais voici ma décision depuis ma position".
– L’arbitrage est-il comme tu l’imaginais ?
– En fait, c’est encore mieux ! J’adore ça, vraiment. Tu as la meilleure vue du match. Tu n’es pas dans un coin ou sur le banc, tu es au centre de l’action. Il n’y a rien de mieux que de voir une superbe action ou un but magnifique juste devant toi. Ou quand tu laisses l’avantage et que l’équipe marque – c’est un pur bonheur !

– Utilises-tu tes compétences d’entraîneur lorsque tu arbitres ?
– Bien sûr. C’est surtout dans la manière de parler et d’interagir avec les joueurs. Si un joueur t’agresse verbalement, tu dois rester calme et ne pas répondre de la même manière. Ici en Angleterre, on arbitre parfois les mêmes clubs 7 ou 8 fois dans l’année. Au début, certains essaient de me tester. J’essaie de discuter, sinon je m’éloigne ou j’interviens. Mais au fil du temps, on s’appelle par nos prénoms et on discute avant et après les matchs. Lors du dernier match de la saison dernière, un entraîneur est venu me faire un câlin. Pas parce que je l’ai favorisé, évidemment, mais parce qu’il sait qu’on n’est pas là pour gâcher le match.
– Beau geste ! Et Refdad, d’où vient ce nom ?
– Refdad est né pendant le confinement. J’ai toujours voulu lancer une chaîne YouTube. Je pensais que je pouvais encourager les jeunes à devenir arbitres à travers mes vidéos. Les arbitres reçoivent beaucoup de critiques, souvent de gens qui ne connaissent même pas les règles. Refdad est né pour partager la vision d’un arbitre, surtout pour les jeunes. C’est d’ailleurs eux qui sont sur YouTube. Refdad montre aussi comment l’arbitrage influence ma vie de famille – j’ai deux beaux-enfants et un bébé de moins d’un an. Je travaille à plein temps et j’arbitre en plus. Parfois, je vais directement du boulot au match. Je veux aussi casser le cliché selon lequel on vient juste siffler, prendre l’argent et partir. Notre travail commence bien avant : quand on reçoit la désignation, on fait des recherches sur les équipes, on arrive tôt, on fait les contrôles de sécurité, on parle aux joueurs. Ma vidéo la plus vue est celle sur ce qu’un arbitre doit emporter pour un match. Ce n’est pas juste un maillot et un sifflet, c’est bien plus. Et s’il y a des cartons rouges, le match continue pour nous avec les rapports. Ce n’est pas juste 90 minutes. Avec Refdad, je veux montrer tout cela et former la prochaine génération d’arbitres.
– C’est l’intersaison en Angleterre. Quels sont tes projets ?
– Je vais arbitrer un match caritatif en tant qu’arbitre central. En Angleterre, on a beaucoup d’événements caritatifs, dont une grande coupe appelée National Affinity Cup – je vais en arbitrer la finale. J’ai hâte, et je vais bien sûr utiliser ma montre Spintso S1 Pro. Le lendemain, j’ai mon test physique pour passer au niveau supérieur. C’est un nouveau test, le même que vous avez en Suède je crois : 75 mètres en 17 secondes, récupération de 25 mètres en 22 secondes, le tout 40 fois. Ce test est plus réaliste et plus proche des exigences d’un vrai match.
– Merci pour cette conversation Andrew, et bonne chance !
– Merci beaucoup !
Tu veux découvrir la chaîne YouTube d’Andrew ? Va sur RefDad sur YouTube